L’histoire

Le cours d’histoire, géographie et géopolitique en prépa ECS

L’enseignement d’« histoire, géographie et géopolitique » est doté d’un volume horaire important (6 heures par semaine) et d’un fort coefficient à l’écrit des concours des différentes écoles de commerce.

Cet enseignement évoque bien entendu le cours d’histoire-géographie du Lycée général, et prend d’ailleurs appui sur les acquis du cycle secondaire terminal dans cette dernière discipline. La continuité n’est cependant pas totale. Outre que les exigences ne sont plus du tout les mêmes qu’au Lycée, cet enseignement se distingue de l’histoire-géographie telle que vous l’avez connue en ce qu’il met au centre du propos l’approche géopolitique. Par là, on entend une démarche qui met des éléments d’analyse historique et géographique au service de l’étude des enjeux et des conflits qui se nouent à l’heure actuelle autour des espaces habités. Cette approche se situe à égale distance de l’érudition historique et géographique et d’une vision désincarnée, déterritorialisée, pour tout dire « hors sol » de l’économie mondiale contemporaine.

La nature de l’épreuve écrite diffère légèrement selon les groupes d’écoles de commerce. Dans tous les cas, la dissertation constitue quoi qu’il en soit l’exercice principal. Les compétences que l’on peut dire littéraires – aptitudes rédactionnelles, correction de la langue et de l’orthographe – sont donc primordiales. Le travail autour des cartes donne lieu à un autre ensemble d’exercices. En fonction des épreuves, il peut s’agir d’une production cartographique – croquis à partir d’un fond de carte fourni, petits schémas ou croquis que vous pouvez être amenés à insérer dans la dissertation – ou bien de l’analyse d’une carte thématique donnée. L’entraînement à la dissertation et au travail cartographique est partant au cœur de l’enseignement d’histoire, géographie et géopolitique.

Dans cette discipline encore plus sans doute que dans d’autres, les deux années de prépa ECS, constituent un tout cohérent, ne serait-ce que parce que vous êtes évalués aux concours sur votre maîtrise de l’ensemble du programme des deux années. Celui-ci s’articule en quatre modules distincts, eux-mêmes divisés en différents thèmes et chapitres :

I. Les grandes mutations du monde au XXe siècle (de 1913 au début des années 1990)

II. La mondialisation contemporaine : rapports de force et enjeux

III. Géodynamique continentale de l’Europe, de l’Afrique, du Proche et du Moyen-Orient

IV. Géodynamique continentale de l’Amérique et de l’Asie

Au terme des deux années, vous aurez ainsi une bonne vue d’ensemble des grandes dynamiques à l’œuvre dans le monde contemporain, ainsi que la culture historique et économique minimale pour vous permettre de prendre une certaine hauteur vis-à-vis de l’actualité, loin de la myopie qui caractérise trop souvent les commentaires médiatiques.

La première année est consacrée à l’étude des deux premiers modules, la seconde à l’étude des deux derniers. Le premier module doit vous permettre de consolider vos connaissances historiques de base sur le XXe siècle, principalement sur la période de la guerre froide (1945-1991) et de l’après-guerre froide. L’accent est mis sur la dimension géopolitique, ainsi que sur l’histoire économique de différents ensembles de pays après la Seconde Guerre mondiale.

La logique est ensuite celle d’un emboîtement d’échelles. Le deuxième module, en première année, aborde une série de thématiques centrales pour la compréhension du monde d’aujourd’hui – troisième mondialisation, globalisation financière, décomposition international du processus productif, course aux matières premières stratégiques, émergence de nouvelles puissances, etc. – à l’échelle de la planète entière. Ces thématiques seront ensuite déclinées par grandes aires continentales dans le courant de la seconde année : Europe, Afrique et Moyen-Orient, Amériques, Asie.

La prépa ECS offre en outre un enseignement optionnel d’économie (1 heure par semaine), qui constitue le complément naturel du cours d’histoire, géographie et géopolitique. Destiné à des étudiant-e-s qui n’ont pas eu, ou très peu, d’enseignement de sciences économiques et sociales au Lycée, il est l’occasion de revenir de façon plus systématique sur les différentes écoles de pensée économique, sur les notions clé de la macroéconomie (marché, monnaie et système monétaire, etc.), ainsi que sur les tenants et les aboutissants des politiques économiques mises en œuvre à l’heure actuelle.

Le cours vous offre bien sûr un fil rouge indispensable. On ne saurait toutefois trop insister sur l’importance d’un travail en autonomie. Celui-ci revêt différentes formes : lecture régulière de la presse quotidienne, plus ponctuelle de quelques revues spécialisées, travail individuel ou en petits groupes sur quelques ouvrages fondamentaux, quelques références incontournables. Ce travail en autonomie est évalué de diverses façons : interrogations orales, fiches de lecture individuelles, revues de presse en cours, etc.

Le travail en classe peut également s’organiser autour d’autres exercices, à la faveur d’objectifs ponctuels et stimulants, voire ludiques – comme le concours de simulation diplomatique organisé par l’École de Management de Grenoble (cf. http://www.grenoble-em.com/la-geopolitique-0). Les élèves, par équipe de deux, doivent défendre les intérêts d’un pays leur ayant été attribué quelques mois plus tôt et remplir les objectifs leur ayant été communiqués. Un scénario est tissé, de faux journaux télévisés crées, afin de mettre les représentants dans l’atmosphère d’une négociation réelle. Des tandems d’étudiant-e-s ECS du Lycée Dumont-d’Urville sont régulièrement sélectionnés pour participer à ce concours. L’une de ces équipes – R. Kessler, M. Pellegrin – a reçu en 2014 un prix spécial. Bravo à eux !

On notera enfin que le cours d’histoire, géographie et géopolitique tel qu’il se présente constitue l’une des meilleures préparations qui soient aux différents concours d’entrée aux Instituts d’Etudes Politiques, et notamment au concours commun d’entrée en première année organisée par huit IEP (un en région parisienne, les sept autres en province). Au Lycée Dumont d’Urville – opportunité assez rare en France – les étudiant-e-s d’ECS désireux de présenter, à côté de leur cursus en CPGE, l’un ou l’autre de ces concours d’entrée aux IEP, bénéficient du reste d’une préparation spécifique, à raison de deux heures par semaine le mercredi après-midi. Ils y côtoient des élèves de Terminale et des étudiant-e-s des classes préparatoires littéraires.