La philosophie

L’enseignement philosophique est très différent en première et deuxième années.

En première année, il s’agit d’un vaste panorama, dont les jalons sont les chapitres d’un programme de culture générale partagé avec l’enseignement de français (et détaillé à la page de cette discipline).

En remontant aux deux racines de notre civilisation, l’Antiquité grecque qui nous a légué la raison dans sa forme politique, et la source biblique d’où nous vient d’abord l’inquiétude morale, nous tentons de comprendre l’époque moderne d’une part dans sa filiation avec ces deux racines, d’autre part comme rupture : opposition notamment de la science galiléenne à la conception du monde héritée d’Aristote, opposition des Lumières à l’obscurantisme religieux.

L’époque moderne commence vers le XVIIe siècle par une perte du monde : certes, tous les phénomènes y sont désormais rapportés à des lois de la nature que la science détaille, mais ce gain en intelligibilité se paie d’une perte de sens ; l’univers apparaît infini, dénué de centre et de repère, sans place pour l’homme.

À l’antique division d’un monde céleste et d’un monde terrestre se substitue la nouvelle division du monde intérieur (le sujet humain) et du monde qui l’entoure.

Nous suivons alors les linéaments d’une reconquête du sens, à l’époque moderne, à partir de la liberté des sujets humains : le contrat social, consensus des volontés qui fonde l’État moderne ; l’autonomie de la loi morale dont la source n’est que la libre volonté de l’homme qui, voulant la liberté, en crée la règle.

Enfin, dans un dernier moment, nous nous demandons si nous vivons encore à l’époque moderne. Les cn'importe où hors du monderitiques de la raison, les soupçons qui pèsent sur la morale et l’État, la méfiance à l’égard des grands récits, la considération des horreurs que les idéologies du XXe siècle ont produites, et aussi l’évolution récente des sciences vers une attention plus fine aux singularités, signent la fin d’une époque.

Le but de ce panorama n’est pas une maîtrise académique des connaissances, mais une ouverture au monde, dans l’épaisseur de son histoire. Il ne s’agit pas seulement d’ouvrir des livres, mais aussi de pousser la porte de quelques musées et autres lieux de culture et, en définitive, de tenir grand ouverts nos yeux, nos oreilles, et notre esprit.

Quelques dissertations et des interrogations orales ( « khôles » ) régulières ponctuent ce parcours. Entre autres, on y traite de questions d’actualité, on y commente des œuvres d’art, on y présente des lectures.

En deuxième année, le programme tient en une notion, renouvelée chaque année. La préparation se concentre sur cette question, dans l’optique de l’épreuve de dissertation de culture générale aux concours.